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- Genre : Fantastique
Année : 1977- Réalisateur : Steven Spielberg
- Acteurs : Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Garr
- Note : 5/6
- Durée: 2h35
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Pendant qu’un scientifique Français enquête auprès des autorités américaines à propos du phénomène ovni, les habitants d’un petit village de l’Indiana sont subitement confrontés à une vague de soucoupes volantes au dessus de leur ville. Après avoir été victimes d’un contact rapproché avec les objets, certaines personnes commencent alors à être obsédées par une même vision.
Considéré comme un monument du cinéma fantastique, il est amusant de constater que beaucoup de faits relatés dans Rencontre du 3e type, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne relèvent en rien de l’imaginaire. Des pilotes d’avions qui avec leurs équipages disent avoir vu devant eux des engins de la taille d’un paquebot, des cas innombrables de personnes qui prétendent avoirs étés enlevés par les extraterrestres, des vagues d’ovnis signalées par des milliers de témoignages … il suffit de se documenter un peu pour se faire une idée…
Si Steven Spielberg au cour de sa carrière a toujours démontré une passion pour nos amis les visiteurs : ET, La Guerre des Mondes, la série Taken … Rencontre du Troisième type constitue sûrement un cas appart dans la filmographie du cinéaste. Le film peut vraisemblablement s’analyser selon différents niveaux de lecture : si les uns y verront une œuvre fantastique, certains préféreront son message à la fois poétique et mystique, d’autres enfin dont je fais parti, seront plus intéressés par l’aspect proprement ufologique.
Car en effet pour réaliser son film, Steven Spielberg s’est appuyé sur les conseils des plus célèbres ufologues aux Etats Unis, d’où un aspect presque documentaire par moment. S’il s’agit bien d’un film de science fiction, beaucoup d’éléments ont un écho dans la réalité. Le phénomène de vague d’ovni tout d’abord, assez bien décrit, il n’est pas sans rappeler celui qui a touché les Etats Unis en 1954, ou la Belgique et le Mexique au début des années 90. Le traitement du phénomène est aussi bien décortiqué : il est amusant de voir l’Us Air Force, dans une politique de désinformation, démonter avec cynisme les affaires d’ovnis, discréditer les témoins, quitte à avancer les explications les plus invraisemblables. Le traitement par la presse est aussi saisissant, alors que toute la ville est bouleversée par ces événements dont les implications sont potentiellement extraordinaires, les journaux relèguent l’information à la rubrique des chats écrasés. Comme il n’y a pas d’explications à fournir, c’est comme s’il ne c’était rien passé … L’attitude de la petite amie de Roy Neary est elle aussi symptomatique : malgré ce qui est arrivé à son mari, elle refuse de le croire ou même de se poser la moindre la question à ce sujet : « il ne se passe rien, ce sont des choses qui arrivent »… La scène finale qui suggère un complot du gouvernement américain à propos des ovnis est elle sans doute exagérée, mais une chose est sure, parler d’une politique du secret aux Etats Unis au sujet des ovnis, ne relève en rien du délire ou de la paranoïa. Enfin une anecdote amusante concerne le physique des extraterrestres : pour les représenter, Spielberg s’est basé sur des milliers de témoignages de personnes qui disent avoir étés abduquées et qui décrivent tous la même chose : des petits hommes gris avec des yeux noirs en amande. Après le film, la culture populaire a alors associé cette image à un produit de l’imagination directement issu du cinéma hollywoodien, alors qu’en fait c’est l’inverse …
Après avoir évoqué ces différents aspects, ce qui peut surprendre ou dérouter avec Rencontre du troisième type, c’est que l‘on ne sait jamais sur quel registre se placer. Certaines scènes relèvent clairement du fantastique voir de l’épouvante, comme la rencontre du troisième type de Roy Neary dans la voiture, ou celle du quatrième type avec la séquence d’enlèvement de l’enfant dans la maison. Dans les deux cas, Steven Spielberg emploie tous ses talents de réalisateurs pour nous faire frissonner, nous renvoyant a nos peurs élémentaires : angoisse lié à l’isolement, peur du noir, peur de l’inconnu, peur de l’intrusion … A d’autres moments le film prend des allures de drames : après son contact, Rod Neary semble perdre pied avec la réalité, son entourage ne le comprend plus, sa femme le quitte et il sombre dans la solitude. Jillian elle, perd son fils et se retrouve elle aussi confronté au désespoir. Puis vient un moment où le film prend des airs de thriller, dès lors que les contactés se rendent compte de la supercherie du gouvernement et qu’ils veulent se rendre sur la mystérieuse montagne.
A la vision du film un malaise vient donc du fait que l’on ne sait pas vraiment à quoi se rattacher. Impression renforcée par le fait que le rythme est volontairement lent et contemplatif et que les personnages n’inspirent pas particulièrement l’empathie. Que ce soit le chercheur français (interprété par François Truffaut) qui ne laisse pas transpirer particulièrement d’émotions, l’enfant enlevé dont les mimiques et les réactions sont plutôt effrayantes, la femme de Rod Neary qui quitte celui-ci assez froidement. C’est peut être à ce dernier personnage à qui l’on aimerait s’identifier, mais très vite lui aussi perd son coté rassurant en sombrant dans une sorte de démence.
Alors que les lumières des soucoupes volantes continuent de se confondre avec celles des voitures de police, on finit par se poser cette question : mais où veut donc en venir Spielberg ? Comme c’est le cas en musique, c’est peut être à la scène finale qu’il faut demander la tonalité. Et en effet, celle-ci est assez riche en révélations. Surprise, les autorités américaines ont crée une base secrète pour faire atterrir nos amis extraterrestres ! Mieux encore ils ont même inventé un langage axé sur la musique pour essayer de communiquer avec eux ! L’arrivé de ces derniers est l’occasion d’une scène à la fois spectaculaire mais surtout empreinte de mysticisme et de poésie. On peut même s’étonner d’entendre à un moment, un personnage de l’armé comparer explicitement les extraterrestres a des anges… C’était donc à une expérience mystique que voulait nous confronter Spielberg, celle de la communication entre des êtres venus de planètes différentes. Un véritable message d’amour et de paix en somme, qui au final ne convaincra peut être pas tout le monde, mais à prêt tout pourquoi pas ?
Pour résumer Rencontre du troisième type est ce que l’on pourrait appeler (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) un OFNI. (Objet filmique non identifié) qui ne laissera personne indifférent. Plus qu’un divertissement, c’est une véritable expérience. Si visuellement l’ensemble reste toujours aussi envoûtant et si les effets spéciaux n’ont pas particulièrement mal vieillis, on sent tout de même que le film sorti en 1977 n’est plus tout récent… Au final certains risqueront donc d’être rebutés par le tempo lent et la froideur que dégage l’ensemble. A l’inverse d’autres seront emballés par cet élan mystique cette réflexion finale sur la vie extraterrestre. Les amateurs d’ufologie quand à eux apprécieront les nombreuses références faites à leur univers.
5/6.






